Projet


"Un enjeu vital pour Genève"

L'extension du bâtiment de l'OMC, ainsi que la réfection des locaux actuellement occupés par l'Organisation, constitue un projet essentiel pour le dynamisme notre Ville.

Ce projet, pleinement soutenu par les pouvoirs publics (tant au niveau fédéral, cantonal que communal) et l'entier des grandes familles politiques genevoises, obéit à double impératif fonctionnel; il s'agit d'une part de permettre à l'Organisation de faire face à la croissance des activités qu'elle déploie à son siège de Genève, en mettant à sa disposition des surfaces supplémentaires, et d'autre part de rénover le Centre, désormais vétuste.

Le projet d'extension retenu (à l'issue d'une procédure concertée et approfondie de consultation), se révèle parfaitement adapté et neutre. Adapté, dès lors que l'option du site unique existant est dictée par la simple rationalité économique et environnementale. Neutre, dans la mesure où il n'entraînera aucune nuisance majeure pour les citoyens genevois; ainsi l'extension prévue, qui sera réalisée sur le parking en plein air de l'Organisation, n'entravera en rien l'accès public aux rives du lac, pas plus qu'elle ne privera les citadins des espaces publics mis à leur disposition.

Ce projet, lequel voit le jour en période de crise économique aigüe, revêt une importance déterminante, non seulement pour l'Organisation, laquelle souhaite poursuivre ses activités à Genève, tout en devant impérativement satisfaire ses besoins de croissance, mais de manière plus générale pour notre Cité. En effet, la "Genève internationale" constitue un vecteur de métissage multiculturel précieux; elle se traduit également par une manne financière indispensable. Or, Genève est confrontée à une concurrence accrue, exercée par de nombreux Etats désireux d'accueillir les organisations que nous avons le privilège d'héberger; un honneur qui se mérite et qu'il importe de défendre, en soutenant ce projet.

Une analyse objective et pragmatique du projet vous convaincra du bien-fondé de celui-ci; les arguments cités ci-après vous en apporteront la démonstration:


Le site

Le projet de rénovation, densification et extension retenu doit se réaliser sur la parcelle actuellement occupée par le Centre William Rappard (le "Centre"), soit au numéro 154 de la rue de Lausanne, à l'entrée est de Genève. L'extension du bâtiment existant interviendra à l'aile ouest de celui-ci, sur le parking actuel de l'organisation, largement en retrait du lac.

                                 "Avant" (situation actuelle)                            "Après" (annexe réalisée sur un parking)

Le meilleur site possible
En comparaison avec les autres sites envisagés, celui du Centre permet la réalisation d'un projet sensiblement moins coûteux, d'un impact écologique minime et d'une durée de réalisation plus rapide.

A ce titre, la logique du site unique, plutôt que l'éparpillement des effectifs de l'Organisation à travers la ville, paraît parfaitement légitime; elle est synonyme d'efficacité accrue, de rationalité économique et de gains écologiques.

A cet égard, le Groupe de travail, constitué en février 2007 déjà (sous l'égide de l'OMC, de la Confédération, du Canton et de la Ville de Genève), a investigué l'ensemble des sites envisageables; sur la base d'une analyse comparative minutieuse (s'étant notamment portée sur les sites de Champ-du-Château, à Bellevue, du Grand-Morillon à proximité du BIT et du Grand Saconnex), il a été décidé que seule l'extension du site actuellement occupé par l'OMC permettait de répondre aux contraintes du projet, tout en réduisant les coûts et l'empreinte environnementale.

En termes de coût
Si la construction d'un nouveau site unique a été estimée à CHF 300 millions (hors prix du terrain, dont l'acquisition aurait représenté un investissement de l'ordre de CHF 40 millions), le coût du projet actuel s'élève à CHF 130 millions. A noter également que le projet de site unique permet au canton de mettre un terme à la location à ses frais de l'annexe qu'occupe l'OMC à la rue de Rothschild, dégageant ainsi CHF 1 million par an; toutefois, si les travaux de réfection accusaient du retard, la Suisse, en sa qualité d'Etat hôte, se verrait vraisemblablement contrainte – à teneur des accords conclus avec l'OMC – d'assumer des frais de location de locaux additionnels (nécessaires pour le personnel déplacé), pendant la durée de ceux-ci (pour un total de CHF 3 millions par an).

En matière d'environnement
En densifiant les constructions existantes, la surface au sol supplémentaire est réduite à son strict minimum (environ 2'600 m2); en revanche, si un nouveau site avait été sélectionné, l'emprise au sol aurait atteint entre 8'000 et 10'000 m2 au minimum, soit un impact environnemental sensiblement plus lourd. Par ailleurs en termes de mobilité douce, le Centre présente l'avantage de sa proximité avec la gare RER de Sécheron et une desserte efficace en transports public.

En gain de temps
Pour s'assurer la maîtrise des terrains, il aurait fallu engager de longues procédures dont l'issue serait demeurée incertaine (en raison de l'absence de garantie d'acceptation par les propriétaires actuels); en outre, la réalisation de nouvelles constructions se serait révélée sensiblement plus longue.

La construction du nouveau bâtiment
La surface de terrain à bâtir sera de 2'600 m2 environ au sol, soit une augmentation de 32% par rapport à la surface actuellement occupée par le Centre. Cette surface permet de satisfaire pleinement aux besoins de croissance de l'Organisation; contrairement aux allégations des opposants, il n'est nullement prévu que cette extension constitue la première étape d'un agrandissement supplémentaire, empiétant sur les rives du lac.

Un projet architectural discret et de grande qualité
Un concours d'architecture a été organisé en collaboration avec la Fondation Immobilière pour les Organisations Internationales ("FIPOI"), organisme créé conjointement par la Confédération et le Canton de Genève. 115 projets originaires de 25 pays ont été présentés. Le jury, composé de représentants de l'OMC, de la FIPOI, de la Confédération, du Canton et de la Ville de Genève, a retenu à l'unanimité un projet particulièrement discret et respectueux de l'environnement.

Constitué de 4 étages, le nouveau bâtiment affichera des lignes épurées, se fondant parfaitement dans le paysage; il ne constituera en aucun cas ce "bunker" que décrivent les opposants.

En termes d'aménagements intérieurs, il se composera d'un espace suffisant pour accueillir 300 membres du personnel. Il comprendra une nouvelle bibliothèque qui sera en partie accessible au public. Une cafétéria, ainsi qu'un parking souterrain de 200 places complèteront le nouvel édifice.

En conséquence, il apparaît évident qu'aucun autre site répertorié sur le territoire du canton n'offre une capacité d'accueil comparable, en un lieu unique. En outre, le projet architectural retenu offre des garanties de fonctionnalité de premier ordre; son bilan écologique est par ailleurs excellent.

Une extension réalisée sur un parking existant
Le nouveau bâtiment sera érigé sur un terrain qui sert aujourd'hui de parking (et de dépôt) à l'Organisation, soit une zone goudronnée en plein air. Aucune plantation de valeur ne sera donc affectée.

La protection indispensable de l'environnement
L'empreinte écologique du bâtiment projeté est minimale. Celui-ci offre par ailleurs toutes les garanties environnementales souhaitées; en outre la rénovation du bâtiment actuellement occupé permettra de réaliser des gains substantiels en termes écologiques.

L'accès public aux rives du lac pleinement garanti
Le projet n'induit aucune modification substantielle de la situation prévalant aujourd'hui. Il n'est pas question d'une privation (ou d'une privatisation) d'accès aux rives du lac. En effet, les cheminements longeant actuellement celui-ci seront intégralement maintenus. Mieux encore, de nouvelles voies piétonnes seront réalisées de façon à faciliter l'accès au site et la circulation à pied dans ce même périmètre; ainsi deux nouvelles entrées au parc seront aménagées, depuis la rue de Lausanne. Comme le rappelait Mark Muller (Conseiller d'Etat en charge du Département des constructions et des technologies de l'information), à l'occasion de sa conférence de presse du 7 mai, "les piétons pourront continuer à cheminer entre le Parc Barton et le Jardin botanique, comme aujourd'hui". Par ailleurs, l'espace public situé devant les locaux de l'OMC sera intégralement conservé, permettant à chacun de profiter des pelouses. Ainsi que le confirmait Mark Muller, " il est donc totalement faux de prétendre (…) que ce projet privera les citoyens du libre accès au bord du lac". Seule une enceinte de sécurité (végétalisée et d'aspect discret) sera mise sur pied, en conformité avec les impératifs de sécurité émis par les Nations Unies et dictés par la situation internationale.

En son point le plus avancé, cette enceinte se trouvera à 33 mètres du lac (au lieu de 41 aujourd'hui, soit 8 mètres de différence), maintenant ainsi un très large espace public. En réalité, l'unique différence consiste dans le fait que les abords immédiats des bâtiments de l'OMC ne seront plus accessibles, pour les raisons de sécurité évoquées ci-dessus (prévalant également pour l'ensemble des organisations internationales présentes à Genève).

Le gain écologique
La rénovation du Centre William Rappard sera conduite en conformité avec les normes écologiques les plus strictes; il en ira de même de l'édification du nouveau bâtiment.

Chacun conviendra que le projet présente un excellent bilan écologique.

  • Des bâtiments plus respectueux de l'environnement
    Le nouveau bâtiment répondra aux exigences du label suisse de haute performance énergétique Minergie P. De même, l'ensemble du site sera raccordé au projet Genève-Lac-Nation, destiné à recourir à l'eau du lac pour chauffer et rafraîchir les locaux.
    La rénovation du Centre William Rappard permettra d'améliorer sensiblement son isolation thermique; elle se traduira ainsi par de solides économies de chauffage (le coefficient de conduction thermique sera réduit de U+/- 2.1 à U +/- 0.6). Des fenêtres plus isolantes seront installées, les radiateurs équipés de thermostats et les restes d'amiante éliminés.
  • Le nombre de places de parking mises à disposition de l'OMC va diminuer
    Il s'agit d'une avancée écologique supplémentaire, destinée à favoriser la mobilité douce. Ainsi, la construction d'un parking souterrain (sous le projet d'extension) permettra de diminuer radicalement le nombre de places de parking en surface; de 191 celles-ci passeront à 30 seulement. Plus globalement, si l'OMC dispose aujourd'hui d'un total de 727 places de parking, le projet de site unique permettra de réduire le nombre de celles-ci à 630. Dès lors que le personnel de l'OMC va augmenter, le taux de places de parking par employé va très nettement diminuer, passant de 727 pour 750 employés (soit un ratio de 0.97) à 630 places pour 1100 employé (soit un ratio de 0.57). Dans ce contexte, il s'agit de souligner que les places de parking sont utilisées par les représentants des membres de l'OMC régulièrement présents; il est prévu que les places en sous-sol leur soient majoritairement attribuées.

Le respect du cadre végétal
Les rives du lac et, plus généralement, le cadre naturel dans lequel s'épanouit Genève constitue le bien le plus précieux de notre Cité; il est également gage d'une qualité de vie hors norme (cela est aussi vrai pour les fonctionnaires internationaux et en particulier pour ceux de l'OMC qui sont très attachés à leurs lieux de travail).

Il n'est pas question de mettre en péril cet acquis majeur; mais uniquement de permettre la construction d'une annexe discrète, sur un parking, largement en retrait du lac (et même légèrement en arrière de l'actuelle construction).

Aucune atteinte ne sera portée au parc entourant les bâtiments de l'OMC (à l'exception de l'enceinte de sécurité, par ailleurs accolée à ce même bâtiment). L'organisation entend non seulement préserver cet écrin naturel, mais encore le valoriser (par diverses initiatives, comme l'ajout de plantations, qui verront le jour à la suite d'un concours de paysagisme d'ores et déjà prévu).

- Accès au parc et usage des pelouses publiques maintenus -

  • Aucun arbre de valeur ne sera abattu
    Ainsi, l'emplacement du nouveau bâtiment et le tracé de l'enceinte de sécurité seront définis de telle sorte qu'aucun arbre de valeur ne soit coupé; seules quelques plantations accessoires, notamment les modestes arbres se trouvant sur le parking actuel, devront être éliminées.

Le respect légitime des normes de sécurité
Il est essentiel d'assurer la sécurité des bâtiments de l'OMC; au même titre que les autres organisations internationales, l'Organisation doit bénéficier de mesures adéquates pour protéger ses employés et ses visiteurs. Ainsi, si l'OMC entend continuer à afficher une politique d'accès transparente, il lui importe de se conformer aux standards désormais adoptés au sein de la communauté internationale et ce en particulier après les attentats terroristes dont certaines agences des Nations Unies ont fait l'objet à l'étranger.

- Une enceinte discrète, épousant le bâtiment, sans privation d'accès aux espaces publics -

Une protection indispensable du siège de l'OMC
L'OMC accuse un retard considérable en matière sécuritaire. En application de nouvelles normes de sécurité passive destinées au contrôle d'accès aux bâtiments (comme au Palais des Nations), l'OMC entend légitimement tirer parti des travaux de rénovation et d'extension pour se mettre au niveau des autres organisations internationales présentes à Genève.

Une enceinte de sécurité parfaitement intégrée
L'enceinte de sécurité sera composée d'un muret semi-enterré (côté rue de Lausanne) et d'une barrière métallique (côté lac) dont la hauteur n'excédera pas 1 mètre 80. Il est en outre prévu que cette protection soit masquée par une composition végétale; elle ne constituera dès lors en rien un obstacle esthétique. Contrairement aux allégations fantaisistes des opposants, ladite barrière ne sera en aucun cas électrifiée; aucune "rotonde de garde" ne sera érigée. Il ne s'agit pas d'une "clôture à vaches" ou d'un rempart de prison mais d'une simple protection destinée à permettre de canaliser l'accès à l'Organisation par la porte principale de celle-ci. Enfin et pour rappel, son avancement le plus marqué se situera à 33 mètres des rives du lac (contre 41 actuellement); partout ailleurs des distances plus grandes seront respectées, permettant de maintenir en tout temps la convivialité des espaces publics. La conception de ce dispositif fera l'objet d'un concours conjoint entre architectes et paysagistes, lancé par la FIPOI (et dont les résultats devraient être connus en septembre), de façon à garantir sa meilleure intégration au paysage.


La réfection du bâtiment existant

Parallèlement à la réalisation de l'extension du bâtiment existant, il est prévu que ce dernier fasse l'objet de travaux de rénovation, de façon à en améliorer la fonctionnalité et à en réduire l'impact écologique, sans en altérer les caractéristiques esthétiques.

Un impératif fonctionnel
Inauguré en 1926 en qualité de siège du Bureau International du Travail, le Centre William Rappard n'a jamais fait l'objet des travaux de réfection nécessaires à la croissance des activités déployées par l'OMC; ainsi l'augmentation du nombre d'employés impose une plus saine rentabilisation de l'espace construit, laquelle s'opérera par le biais d'une meilleure répartition des espaces de travail. Pour rendre ceux-ci plus conviviaux, il est notamment prévu d'améliorer les locaux communs. Ces travaux de densification interne n'auront aucun impact visible sur l'aspect du bâtiment.

Une exigence écologique
La rénovation du Centre William Rappard améliorera son isolation thermique et permettra ainsi de réaliser de substantielles économies de chauffage. Comme indiqué précédemment, le coefficient de conduction thermique sera réduit de U+/- 2.1 à U +/- 0.6. En outre, des fenêtres plus isolantes seront installées, les radiateurs seront équipés de thermostats et les résidus d'amiante éliminés.

Une opportunité artistique
Les employés de l'OMC n'ont eu de cesse de valoriser le patrimoine artistique de leur espace de travail; en témoigne l'ouvrage publié par le Secrétariat de l'organisation en 2008. Dans son introduction, le Directeur général Pascal Lamy y rappelle que le siège de l'OMC, premier bâtiment construit à Genève pour accueillir une organisation internationale, a été "témoin de plus de 80 années de coopération internationale";"les nombreux éléments décoratifs et œuvres d'art dont les pays et les institutions ont fait don au fil des ans montrent bien l'effort de collaboration que la construction du Centre a représenté pour le monde, à une époque où la coopération internationale était plus une aspiration qu'une réalité". Ainsi, les boiseries de la bibliothèque, les fresques, les sculptures et les panneaux en céramique qui datent de la construction du Centre seront intégralement préservés. En outre, les travaux de rénovation permettront de mettre en valeur le patrimoine artistique de l'organisation, dont certaines œuvres d'art ont été déjà restaurées et exposées, mais dont de nombreux trésors pourront ainsi être dévoilés.

La logique du site unique, développé sur la base de la construction existante, dont on assure ainsi la préservation et la valorisation, prend dès lors toute son importance.


Les besoins de croissance de l'OMC

Avec 750 employés et un budget de 184 millions en 2008, l'OMC se classe parmi les 10 plus grandes organisations internationale présentes à Genève. Avec 153 membres, elle est aujourd'hui en pleine croissance; l'engagement d'environ 400 nouveaux employés est prévue pour faire face à la probable adhésion d'une trentaine de nouveaux Etats (lesquels s'ajouteront aux trente autres membres ayant rejoint l'Organisation depuis sa création en 1995). L'OMC atteindra alors – avec approximativement 1100 employés - la taille de l'Organisation internationale du travail, soit la 4e position en termes de personnel, après le CERN, l'Office des Nations Unies et l'Organisation mondiale de la santé. Ce développement s'accompagne de la nécessité impérieuse de prévoir un cadre de travail adapté.

Une organisation internationale dynamique
L'OMC connaît une croissance sans précédent, largement bénéfique au tissu économique genevois, alors que d'autres organisations internationales ont procédé à des diminutions d'effectifs à Genève.

Il serait faux de réduire l'OMC au seul cycle de Doha; enceinte de négociations et instance de règlement des différends commerciaux, l'OMC joue un rôle déterminant sur la scène internationale. Les difficultés actuellement rencontrées dans le contexte du cycle de Doha ne remettent pas en cause son fonctionnement quotidien; les estimations en termes de besoins immobiliers sont d'ailleurs indépendantes de l'évolution du cycle de Doha. Elles se fondent sur l'augmentation attendue du nombre de membres de l'OMC (soit une trentaine d'Etats supplémentaires) et le développement constant des procédures de règlement des différends administrées par l'OMC (plus nombreuses au cours des dix dernières années que durant toute l'existence du GATT, de 1947 à 1994).

Une organisation internationale indispensable pour le tissu économique local
Les dépenses annuelles engagées par les organisations internationales à Genève se chiffrent à 4.4 milliards de francs (1). En 2005, le secteur public international représentait 8,7% de l'emploi total du canton.

Ces chiffres parlent d'eux-mêmes; l'apport économique des organisations internationales est considérable; cela est particulièrement pertinent en période de crise économique.

Au surplus, nombreux sont les acteurs économiques genevois tributaires de la présence de ces mêmes organisations, et de l'OMC en particulier. A titre d'exemple, approximativement 7'000 conférences ont été organisées par l'OMC en 2008; 4'500 d'entre elles ont impliqué la présence à Genève de participants venus de l'étranger, une présence profitant directement à de multiples acteurs locaux, des hôteliers aux chauffeurs de taxi, en passant par les commerçants. Il s'agit là d'une manne extrêmement bienvenue que Genève ne saurait prendre le risque de perdre.

En outre, on notera que:

  • le budget de l'OMC se monte à CHF 184 millions, dont plusieurs millions sont alloués à des fournisseurs (essentiellement locaux);
  • la présence de l'OMC à Genève et les synergies qui s'en dégagent ont engendré l'ouverture de 33 missions diplomatiques permanentes (sur les 161 Etats représentés à Genève), se consacrant spécialement aux travaux de l'OMC. Il est faux de prétendre que les collaborateurs affectés à ces missions habitent uniquement en France voisine; en tous les cas, leur présence à Genève permet de dégager des recettes considérables;
  • de même, de nombreuses ONG (notamment dans le domaine de l'aide au développement), agences spécialisées, organisations internationales et groupes d'intérêt ont installé des représentations permanentes à Genève du fait même de la présence de l'OMC; c'est notamment le cas du Centre du commerce international (qui contribue à une meilleure participation des pays en développement et des pays les moins avancés) ou du Centre consultatif sur la législation de l'OMC (ACICI), mais également du "South Centre"; et
  • enfin, 140 organisations internationales ont un statut d'observateur auprès de l'OMC.

On l'aura compris, l'OMC constitue l'un des principaux acteurs de la Genève internationale; à ce titre elle contribue largement au dynamisme du tissu économique local. Ne pas accéder à ses ambitions légitimes de croissance est porteur d'un risque avéré de voir l'Organisation plier bagages; cela témoignerait d'une réelle inconscience, qu'aucune grande famille politique n'est disposée à assumer. Nul doute que l'ensemble de la communauté économique genevoise en serait lourdement pénalisée.

Une organisation intégrée dans l'environnement académique genevois
Fort de la présence voisine de l'OMC, l'Institut de Hautes Etudes Internationales et du Développement a mis sur pied des formations en matière de commerce international, en lien direct avec les activités de l'OMC; à ce titre, un pôle d'excellence pour la recherche sur les échanges commerciaux internationaux (le "Centre for Trade and Economic Integration") a vu le jour en 2008.

Une organisation courtisée à l'étranger
L'hébergement du siège de l'OMC attise de nombreuses convoitises. L'on se souviendra que Genève était parvenue à maintenir le siège de l'OMC au bout du lac au terme d'un combat mené de haute lutte (notamment contre Bonn, qui offrait des avantages significatifs, sous l'angle de l'espace disponible, après le transfert de la capitale allemande à Berlin); aujourd'hui encore de nombreuses villes aiguisent leurs armes pour concurrencer Genève en matière d'attractivité (Singapour, qui se distingue déjà dans le domaine bancaire, en fait partie, avec des atouts indéniables). Il est à rappeler que l'accord entre la Confédération et l'OMC, en 1995, prévoyait que la Confédération répondrait aux besoins immobiliers futurs de l'OMC; en effet, il était (et demeure) indispensable que l'Etat hôte puisse satisfaire aux attentes raisonnables des organisations présentes sur son sol, notamment en matière de locaux, de coût de construction et d'exploitation, ainsi que de délais de livraison des nouvelles constructions.

Une organisation légitime
La cause qui nous mobilise ne porte pas sur le bien-fondé de l'OMC.

Il s'agit uniquement d'assurer la pérennité de sa présence à Genève, dès lors qu'un refus du projet d'extension se traduirait vraisemblablement par une délocalisation de l'Organisation, qui irait poursuivre ses activités sous des cieux plus cléments, mais ne disparaîtrait pas pour autant.

C'est dans le cadre des procédures prévues par l'OMC (notamment quant à la participation de la société civile) que les détracteurs de cette institution peuvent démocratiquement s'exprimer; s'opposer à un projet générateur de recettes ne contribuera nullement à infléchir les actions menées par celle-ci.

Abriter l'OMC à Genève, sous l'égide de la neutralité helvétique, permet d'en garantir une forme de légitimité, tout en assurant des conditions d'accueil et de travail dignes et favorables à chacun(e).

Le financement
Le coût total du projet est estimé à CHF 130 millions – soit sensiblement moins que celui qu'impliquerait le choix d'un autre site -, montant dont l'OMC assurera CHF 60 millions (sur la base d'un prêt sans intérêt sur 50 ans accordé par la Confédération).

Un apport fédéral naturel
En sa qualité d'Etat hôte, la Confédération assurera au projet un financement à hauteur de CHF 70 millions.

Une participation modeste au niveau cantonal
L'implication financière du Canton se limitera à l'octroi d'un droit de superficie sur les parcelles lui appartenant (soit 47'000 m2); il s'est également engagé à financer, pour un tiers, le dispositif de sécurité dont le coût est estimé à CHF 6,63 millions (le surplus étant assumé par la Confédération).

La ville de Genève est partie au projet
Le Conseil municipal a donné son préavis favorable au changement de zone, le 6 avril 2009. Il doit être souligné que la ville de Genève a été en tout temps associée au projet, à la demande du Conseil d'Etat, par le biais du Groupe de travail interdépartemental OMC présidé par le Département cantonal des constructions et technologies de l'information.

Le respect du droit
Toutes les procédures légales et réglementaires seront naturellement respectées. Ainsi, le parlement cantonal se prononcera (dès lors qu'une loi doit être adoptée pour les modifications des limites de zone et le périmètre de protection générale des rives du lac); le peuple sera consulté si plus de 7'000 électeurs en font la demande. Enfin, et contrairement à certaines allégations, les dispositions du legs de Mme Barton ne seront nullement violées, dès lors qu'aucun arbre datant de l'époque de la donation ne sera coupé et que le droit de superficie octroyé à l'OMC n'amputera pas la propriété Barton, ainsi que le confirment deux avis de droit émanant d'un notaire et du Registre foncier.


Le soutien public

Le soutien dont bénéficie l'extension de l'OMC est très large: outre les pouvoirs publics, à leurs trois niveaux, et les principaux partis politiques, les acteurs économiques sont convaincus du bien-fondé d'un projet d'une importance décisive pour le rayonnement de Genève et l'ancrage de son assise internationale, qui plus est générateur de recettes substantielles.

Un soutien majeur des pouvoirs publics
Les pouvoirs publics tant communaux, cantonaux que fédéraux ont assuré l'OMC de leur plein soutien; en témoigne la conférence de presse tenue le 23 mars dernier en présence de la Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, du Conseiller d'Etat Laurent Moutinot et de la Conseillère administrative Sandrine Salerno (soit les trois échelons du pouvoir politique), au cours de laquelle ont été rappelés les enjeux du projet et son importance décisive pour Genève.

Une mobilisation unanime des principaux partis politiques
L'ensemble des grandes familles politiques se sont déclarées en faveur du projet; ainsi, la Ville de Genève a donné, le 6 avril dernier, un préavis favorable à l'extension de l'OMC – par 50 voix "pour", contre 17 "non" seulement. Seuls certaines formations, notamment "solidaritéS", le "Parti du Travail", de même que les "Indépendants de gauche" s'y sont opposées et ont lancé le référendum qui conviera les citoyens genevois aux urnes le 27 septembre prochain.

Un soutien sans faille des milieux économiques
Conscient des enjeux économiques liés à la présence à Genève de l'OMC et des risques considérables que ferait peser un refus du projet, les acteurs économiques de la Ville et du Canton ont rappelé la nécessité de voir ledit projet aboutir; nul doute qu'ils le confirmeront à l'heure des urnes. En effet, la "Genève locale" tirera indéniablement profit de ces investissements.

Une mobilisation de la société civile
L'OMC, et de manière plus large les Nations Unies (dont Genève abrite le siège européen, ainsi que de nombreuses institutions spécialisées, telles l'OMS ou le OIT), ont choisi d'y déployer leurs activités; c'est un privilège unique pour notre ville. Synonyme de richesse culturelle et de recettes financières bienvenues, cet honneur se mérite et se cultive; cela est d'autant plus vrai dans le contexte économique difficile actuel. Il s'agit d'en être digne, en continuant à offrir à ces mêmes organisations le cadre nécessaire à leur épanouissement et en témoignant ainsi de l'attachement de la société civile à la "Genève internationale". Ce faisant il s'agira de réconcilier cette dernière avec la "Genève locale".

Certes cette tradition d'accueil ne peut s'exercer à n'importe quel prix; si le projet en question engendrait effectivement les atteintes à l'environnement dénoncées par ses opposants, s'il s'agissait de "privatiser" les parcs du bord du lac en les "accaparant", rare seraient les citoyens qui y apporteraient leur soutien. Mais il n'en est rien. Au contraire, il s'agit d'un projet architectural modeste, pleinement respectueux du cadre naturel dans lequel il sera réalisé; aucun argument valable ne saurait lui être opposé. Et, quant bien même certains pourraient regretter de ne plus pouvoir parquer leurs véhicules sur le parking de l'Organisation le dimanche (option que peu de conducteurs empruntent d'ailleurs, et qui sera compensée par l'accès gratuit au P&R de Sécheron, les week-ends), est-ce là une raison suffisante pour prendre le risque de mettre en péril les recettes générées par la présence de l'Organisation, sans compter la richesse sociale que traduit, de par sa mixité, le choix de Genève comme lieu d'hébergement favori des organisations internationales?

La société civile a conscience des enjeux du débat; l'objectif de notre Comité consistera précisément en un effort de sensibilisation et de mobilisation, de façon à permettre à cette même société civile, et aux acteurs de notre ville, de confirmer leur soutien au projet.

En conclusion, l'extension prévue du bâtiment occupé par l'OMC revêt une importance déterminante, non seulement pour l'Organisation, laquelle doit impérativement satisfaire ses besoins de croissance, mais de manière plus générale pour Genève. Vecteur de métissage multiculturel et manne financière significative, la "Genève internationale" doit disposer des moyens nécessaires à son fonctionnement. S'agissant de l'OMC, la réalisation de son projet d'extension est indispensable pour une organisation qui prévoit d'augmenter ses capacités de 400 fonctionnaires supplémentaires; il en va de même de la réfection du bâtiment actuel, vétuste et peu fonctionnel. Un projet au bilan écologique neutre qui n'engendrera aucune nuisance majeure pour la population genevoise, laquelle pourra continuer à profiter des joies des rives du lac, sans entrave. N'oublions pas non plus, avant de sanctionner l'OMC, que la "Genève locale" bénéficie indéniablement de ces investissements, en raison des dépenses annuelles engagées par les organisations internationales. Comme le soulignait le Conseiller d'Etat Mark Muller: "l'extension du Centre William-Rappard est indispensable pour répondre aux besoins prévisibles de l'OMC et également pour assurer la pérennité de la Genève internationale". Ne prenons pas le risque de perdre une organisation vitale pour le tissu économique local et, plus généralement, pour le rayonnement de notre Cité. Un vote en faveur du projet s'impose; celui-ci aura également valeur de témoignage de soutien à la communauté internationale vivant sur les bords de notre Lac. Réconcilions "Genève locale" et "Genève internationale".

Pour que "Genève gagne", apportons notre soutien à ce projet porteur d'avenir!

 

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(1)
" La Genève internationale en quelques chiffres", Mission permanente de la Suisse auprès de l'Office des Nations Unies et autres organisations internationales (31 mars 2009).

 

 

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